Pourquoi la morale échoue à rendre l'homme vertueux


Pourquoi la morale échoue à rendre l'homme vertueux

 

Nous pensons volontiers que la morale est censée corriger l’absence de vertu. La vertu est un ensemble de qualités morales et physique qui font la valeur d’un homme. Celui qui est vertueux agit bien et fait le bien par sa propre volonté. Mais bien plus qu’une simple et naturelle disposition de l’être à être vertueux, la vertu engage celui qui la désire à une constante attention, et une intellection du monde en vue de saisir à chaque moment ce qu’il est le plus juste de faire en vue même d’être vertueux. Ainsi, la vertu est un véritable et constant engagement de l’être dans l’agir. Aussi, quand pour inculquer la vertu, on enseigne la morale, la question se pose de l’efficience d’un tel enseignement. Car si la vertu a bien une dimension théorique, elle ne se produit réellement que dans l’acte, dans la pratique. La morale est un ensemble de règles présentes dans chaque société humaine, et dont tout homme la constituant est dans le devoir de suivre. La morale, par son ensemble de normes, crée un cadre pratique à la raison humaine censée y trouver les lois pensées comme absolument nécessaires, et reconnues comme universelles par l’ensemble de la communauté. Mais pour être vraiment effective, la morale doit être inscrite dans le sujet en tant que valeur de vérité, c’est-à-dire qu’elle doit être une valeur fonctionnelle qui engage tout son être. Or, la morale qui est censée être une théorie de la vertu, échoue à rendre l’homme vertueux étant donné qu’elle dit elle-même, par ses directives ontologico-éthiques, que l’homme a besoin pour être vertueux de la vertu et non d’une théorie de la vertu. 
Puisque la vertu est un acte de pleine conscience qui pousse l’homme à s’accomplir dans ce qui est juste, et dont la volonté est la condition nécessaire, alors la vertu réengage sans cesse l’homme vertueux dans ses choix en tant que pour être vertueux, il ne peut se satisfaire de règles, mais doit sans cesse faire l’effort de comprendre au plus près ce monde imprévisible qu’il ne pourra jamais pleinement connaître. 

 

-César Valentine-

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